Je t’enverrai des fleurs de Damas. Franck Andriat

S’expatrier et aller se battre pour une cause que l’on croit juste, donner sa vie pour la démocratie et la liberté, c’est bien. Sauf si l’on a quinze ans et qu’on s’est fait « tavt_frank-andriat_5745ourner la tête » par des extrémistes qui, au nom de Dieu, envoient des jeunes à la mort.

La guerre civile en Syrie a causé des dizaines de milliers de victimes et la commun
auté internationale n’en fait pas une priorité absolue.

Pendant ce temps-là, des innocents meurent et, parmi ceux-ci, des adolescents venus de France et d’ailleurs.

Ce roman à plusieurs voix raconte l’émoi soulevé par le départ de deux élèves sans histoire : la Syrie devient leur enfer, mais, pour ceux qui restent, c’est l’enfer aussi..

Le parcours de Frank ANDRIAT (1958)

Dès ses treize ans, encouragé par son professeur, l’écrivain Jacques Crickillon, il griffonne ses premiers poèmes et lance, peu après, avec des amis, une revue littéraire Cyclope à l’athénée Fernand Blum, où il poursuit ses études secondaires.

C’est là qu’il revient, après un passage nécessaire à l’Université Libre de Bruxelles, et c’est encore là qu’il enseigne le français aujourd’hui. La commune de Schaerbeek lui colle à la peau depuis plus de cinquante ans; même s’il s’échappe fréquemment en Gaume ou ailleurs pour écrire (une autre rumeur rapporte qu’il a fait plusieurs séjours au Mexique, en Espagne, à Madère, au Québec et aux Etats-Unis), Schaerbeek est le lieu où, sans cesse, il revient pour s’y balader, dans les allées du parc, dans les rues colorées et vivantes.

À fréquenter des personnes aux origines les plus diverses, il a appris que la vie est plurielle et que la rencontre de l’autre est source d’enrichissement, d’épanouissement. Dans ses livres, il dit l’importance que l’ouverture au vivant a pour lui : le Journal de Jamila exprime son rejet de toute attitude raciste, L’enfant qui chante est un émouvant témoignage sur la difficulté vécue par un adolescent projeté dans l’univers des homes, La remplaçante est un vibrant appel au dialogue entre enseignants et enseignés, La forêt plénitude relate une découverte émerveillée de la nature et de la vie intérieure. Rue Josaphat décrit la vie simple et quotidienne dans une rue populaire…

Avec ses élèves, il a réalisé des travaux sur Jean-Jacques Goldman, sur la démocratie, sur la déclaration universelle des droits de l’homme et sur l’Afghanistan, car il croit qu’il est important de s’engager pour la défense de l’humain et du partage entre riches et pauvres, entre Nord et Sud, entre hommes et femmes, entre jeunes et adultes…

Mais l’écrivain d’aujourd’hui n’aurait pas pu mûrir sans des rencontres et des amitiés : parmi tant d’autres, Albert Ayguesparse, André Doms, Jacques-Gérard Linze, Jean Muno, Thomas Owen l’ont encouragé à écrire, André-Paul Duchâteau et Mythic, avec qui il a composé des romans policiers, lui ont appris à construire une histoire, Bernard Gilson, John Ellyton, Marie-Paule Eskénazi, Michel Demeulenaere et Marielle Gens ont édité ses livres… Et, bien entendu, il y a ceux et celles qui ont partagé et qui partagent son quotidien sans qui il ne serait pas celui qu’il est devenu.

Tous ses écrits sont une manière de témoigner et de rendre hommage à la vie, à l’amour et aux autres, sans qui rien ne serait possible.

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